Droits des personnes en situation de handicap

Droits des personnes en situation de handicap

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Si le Droit peut être défini comme l'ensemble des dispositions interprétatives ou directives, qui à un moment et dans un Etat déterminés, règlent le statut des personnes et des biens, ainsi que les rapports qu’entretiennent les personnes publiques ou privées, il signifie aussi la faculté de réaliser une action, de jouir de quelque chose, d'y prétendre et même de l'exiger.
D’autre part, le sociologue Bertrand MOTTEZ, définit le handicap comme l’ensemble des lieux et des rôles sociaux, desquels un individu ou une catégorie d’individus se retrouvent exclus en raison d’une déficience.
Or, débattre du droit des personnes en situation de handicap, implique la prise en compte de paradigmes communs à tout citoyen pour les rendre accessibles à cette catégorie sociale. Ces mêmes paradigmes, ont été généralement alloués sur la base d’un diagnostic médical, dans le cadre d’une volonté sociétale de défense et d’attribution de droits.
Pour rappel, cette politique trouve ses origines dans le droit social, avec le principe de réparation collective due aux accidentés du travail et aux invalides de guerre. A titre d’exemple, la création d’une pension d’invalidité en 1945, puis d’une Allocation pour adultes handicapés en 1975.
Finalement, le périmètre des politiques publiques s’élargit en France pour répondre enfin à un projet de société solidaire. A cet effet, le handicap n’est plus seulement l’objet des politiques sanitaires et sociales, mais concerne désormais la citoyenneté, l’éducation, l’emploi, le logement, l’aménagement urbain, les transports ou encore la culture, avec des objectifs clairement égalitaires et inclusifs.

Toutefois, des axes majeurs restent encore à conquérir tant que le handicap par sa vulnérabilité, n’est pas encore pleinement perçu comme une richesse et non comme une menace. Pour la psychanalyste Simone KORFF-SAUSSE dans le miroir brisé, « le problème n’est pas la différence, mais la ressemblance. S’il me ressemble, il est un miroir dans lequel je risque de reconnaître une part de moi-même, que je n’admets pas, voire qui me fait horreur. Plutôt que de revendiquer le droit à la différence, il est donc beaucoup plus dérangeant de réclamer le droit à la ressemblance ».
Pour sa part, Alexandre JOLIEN dans Le métier d’homme, clame que « ce que la plupart des gens perçoivent, c’est l’étrangeté des gestes, la lenteur des paroles, la démarche qui dérange. Ce qui se cache derrière, ils le méconnaissent. Spasmes, rictus, pertes d’équilibre, ils se retranchent derrière un jugement net et tranchant, sans appel : voici un débile. Difficile de changer cette première impression, douloureux de s’y voir réduit ou pouvoir s’expliquer. Le dialogue est impossible car ce qui vient d’un débile est débile » .
Que peut faire alors une profusion de lois et de décrets face à cet enjeu humain d’envergure ? Comment éduquer le regard d’un peuple pour davantage de tolérance ? Est-ce la mission des seuls professionnels d’initier le citoyen à l’ouverture sur l’autre ? Ou alors, en quoi finalement cette évolution de l’action publique peut-elle modifier l’expérience sociale du handicap dans notre pays ?
Pour finir, le philosophe Bertrand QUENTIN précisera que « pour que la personne ne soit pas séquestrée par son handicap, il faut que l’on puisse voir en elle une personne qui peut être triste ou joyeuse, agréable ou pénible, indépendamment du handicap qui est le sien ».
Yassine MOUAHEB
Président AFVA

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